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Extérieur · Suisse romande

Terrasse et dalles extérieures : le prix au mètre carré selon le matériau, et le moment où il faut un permis

Des dalles béton posées sur gravillon coûtent 100 à 145 francs le mètre carré, support compris ; le grès cérame et la pierre montent nettement plus haut. Au sol et sans toit, une terrasse échappe souvent au permis, mais pas dans tous les cantons ni à n'importe quelle profondeur de fouille.

Terrasse en cours de pose : à gauche, grandes dalles grises en grès cérame déjà posées à joints fins, un maillet en caoutchouc noir posé dessus ; à droite, un lit de gravillon nivelé encadré de bordures en béton, avec une règle en aluminium, un niveau à bulle jaune et un cordeau tendu entre des piquets en bois ; pelouse à l'arrière.
La dalle se voit, le lit de gravillon non : c'est pourtant lui, sa pente et sa planéité, qui décide si la terrasse tient dix hivers.

Une terrasse en dalles coûte en Suisse entre 100 et 145 francs le mètre carré quand elle est faite de dalles béton posées sur gravillon, et jusqu’à quatre fois plus en pierre naturelle.

L’écart ne vient pas seulement de la dalle. Il vient de ce qu’on ne voit plus une fois la terrasse finie : le coffre de fondation, le lit de pose, la pente. Et la question du permis, que beaucoup de propriétaires ne se posent pas, dépend du canton, de la profondeur de la fouille et de ce qu’on ajoute au-dessus.

Terrasse : le prix au m2 selon le matériau

Les chiffres ci-dessous viennent de deux plateformes suisses de devis. Ofri a analysé 224 offres pour la pose de dalles de jardin, daibau publie des fourchettes par type de travaux. Ce sont des ordres de grandeur relevés en 2026, pas des tarifs.

Revêtement Fourniture du matériau Pose Remarque
Dalles béton simples CHF 15 à 25 le m² CHF 70 à 110 le m², dalles comprises plus CHF 30 à 35 de support
Dalles béton décoratives CHF 25 à 45 le m² idem idem
Grès cérame CHF 30 à 150 le m² CHF 70 à 100 le m² support en sus
Pierre naturelle CHF 50 à 500 le m² CHF 90 à 110 le m² support en sus
Lames de bois CHF 20 à 80 le m² ouvrage complet CHF 90 à 230 le m² sous-construction comprise
Dalles composites (WPC) CHF 25 à 100 le m² non chiffrée à demander
Sous-construction alu pour bois CHF 45 à 75 le m²

Pour les dalles béton de jardin, Ofri donne un total de CHF 100 à 145 le m², support compris. Le support, c’est l’excavation et la fondation : environ 25 centimètres de grave et 4 centimètres de gravillon, pour 30 à 35 francs le mètre carré.

Pour la main-d’oeuvre à la régie, Ofri relève CHF 70 à 90 de l’heure pour un spécialiste et CHF 55 à 70 pour un aide. La dépose d’un ancien dallage se compte à part, CHF 45 à 60 le m³, évacuation comprise.

Grès cérame 2 cm, béton, pierre ou bois : ce qui change vraiment

Les dalles béton sont les moins chères et les plus tolérantes. Épaisses de plusieurs centimètres, elles se posent sur gravillon et supportent un léger défaut de planéité du lit.

Le grès cérame de 2 centimètres s’est imposé en quelques années. Il ne tache presque pas et ne gèle pas, mais il ne pardonne rien : une dalle fine en grand format casse sur un lit mal nivelé. Il se pose de trois façons, et le devis doit dire laquelle :

  • sur gravillon, comme une dalle béton, avec un lit parfaitement réglé ;
  • sur plots réglables, sur une surface stable, ce qui laisse l’eau passer sous le revêtement ;
  • collé sur une dalle béton ou une chape, avec une colle et un joint prévus pour l’extérieur.

Pour la pose collée, daibau chiffre la pose selon le format : CHF 48 à 98 le m² jusqu’à 50 sur 50 centimètres, CHF 60 à 120 jusqu’à 80 sur 80, CHF 90 à 195 au-delà de 100 sur 100. Plus la dalle est grande, plus la planéité du support compte, et plus la pose coûte.

La pierre naturelle a la fourchette la plus large, de 50 à 500 francs le mètre carré de matériau. Le gneiss, le granit et les calcaires ne se comportent pas pareil au gel : on demande au fournisseur la résistance au gel du lot livré, par écrit.

Le bois et le composite se montent sur une sous-construction, en bois ou en aluminium, posée sur des plots ou des semelles. La fourchette de daibau pour un ouvrage complet, 90 à 230 francs le mètre carré, dépend surtout de l’essence et de la sous-construction. Le bois demande un entretien régulier, le composite presque pas.

Un exemple chiffré : 30 m² de grès cérame devant une villa

Une terrasse de 6 mètres sur 5, devant le séjour d’une villa, en grès cérame de 2 centimètres posé sur gravillon.

Poste Calcul Montant
Support (excavation, grave, gravillon) 30 m² à CHF 30 à 35 CHF 900 à 1 050
Pose du grès cérame 30 m² à CHF 70 à 100 CHF 2 100 à 3 000
Dalles, avec 15 % de chutes au plus 34,5 m² à CHF 30 à 150 CHF 1 035 à 5 175
Total indicatif CHF 4 035 à 9 225

Trois postes manquent à ce total, parce qu’aucune source publique ne les chiffre proprement : les bordures en béton sur fondation, l’évacuation des déblais, et la TVA si les prix relevés ne la comprennent pas. On les fait figurer ligne par ligne au devis.

Pour comparaison, la même surface en dalles béton simples revient à CHF 3 000 à 4 350 selon Ofri, support compris. En bois, entre CHF 2 700 et 6 900 selon daibau, sous-construction comprise.

La largeur de la fourchette tient surtout au prix de la dalle. Une dalle en grès cérame à 30 francs et une autre à 150 se ressemblent sur un échantillon ; elles ne se ressemblent plus au bout de cinq hivers.

La fondation : coffre, gel et pente

Le coffre. Sous une terrasse posée sur gravillon, on décaisse la terre végétale et on la remplace par une couche de grave compactée, surmontée du lit de pose en gravillon. Ofri compte 25 centimètres de grave et 4 centimètres de gravillon. La profondeur réelle dépend du sol : un terrain argileux ou remblayé en demande davantage. L’entreprise l’écrit au devis, avec le nombre de passes de compactage.

Le gel. Une terrasse posée sur gravillon suit les mouvements du sol sans casser, à condition que l’eau ne stagne pas dans le coffre. Les ouvrages ponctuels, eux, doivent descendre sous la profondeur de gel : semelles d’une terrasse en bois, pieds d’une pergola, fondation d’un muret. Cette profondeur varie avec l’altitude ; on la fait confirmer par l’entreprise ou la commune.

La pente. Une terrasse n’est jamais plate. Elle s’écarte de la façade, jamais vers elle, avec un point bas qui aboutit quelque part : pelouse, noue d’infiltration, grille raccordée. Une contre-pente conduit l’eau contre le mur du sous-sol, et le problème réapparaît à la cave.

Le seuil. Côté maison, le dessus des dalles doit rester sous le seuil de la porte-fenêtre, avec l’étanchéité du bâtiment remontée derrière. C’est le point à contrôler sur place avant de fixer la hauteur du lit de pose.

Terrasse et autorisation : canton par canton

Le principe est partout le même : une terrasse au sol, non couverte, est un ouvrage de peu d’importance. Mais chaque canton trace la limite autrement, et presque toujours la fouille, la couverture ou la situation de la parcelle font basculer le projet.

Fribourg. C’est le cas le plus clair. L’art. 87 al. 1 let. b ReLATeC dispense de permis les « terrasses de jardin non couvertes ». En revanche, l’art. 85 al. 1 let. j soumet à la procédure simplifiée les pergolas et les couverts, et la let. g les déblais et remblais jusqu’à 1,20 mètre de hauteur et 500 m². La dispense tombe, selon l’art. 87 al. 2, à moins de 20 mètres d’un cours d’eau, d’un lac ou de la forêt, dans un secteur protégé, dans un périmètre archéologique ou à proximité d’un bâtiment protégé.

Vaud. L’art. 68a RLATC commence par une obligation : tout projet de construction doit être soumis à la municipalité, qui décide s’il nécessite une autorisation. Peuvent en être dispensés les aménagements extérieurs de minime importance, notamment les excavations et travaux de terrassement ne dépassant pas 0,50 mètre de hauteur et 10 m³ de volume, ainsi que les pergolas non couvertes jusqu’à 12 m². Le calcul est vite fait : une terrasse de 30 m² décaissée sur 35 centimètres représente 10,5 m³ de fouille. Le seuil est dépassé, et la municipalité peut exiger une autorisation.

Genève. L’art. 1 al. 1 let. d LCI soumet à autorisation toute modification de la configuration du terrain. La dispense de l’al. 9 ne vise, pour le jardin, que les pergolas non couvertes et les petites cabanes amovibles. Le département peut traiter les constructions de peu d’importance en procédure accélérée, selon l’art. 3 al. 7 LCI. Genève ajoute une règle de limite : selon l’art. 46C RCI, le niveau du terrain naturel doit être maintenu sur 1 mètre de largeur le long de la limite de propriété, et au-delà, les aménagements extérieurs s’inscrivent sous une ligne à 30 degrés.

Valais, Neuchâtel et Jura. Les règles existent, mais nous ne les avons pas vérifiées article par article pour cet article. On pose la question par écrit au service communal des constructions, avec un croquis et les cotes de la fouille.

La terrasse couverte, dans tous les cantons. Dès qu’un toit, une pergola couverte ou une toile fixe apparaît, on sort du « au sol ». C’est une construction, avec une autorisation, et souvent une mise à l’enquête dont le calendrier réel se compte en mois. Si la terrasse doit se fermer un jour, les règles sont celles de la véranda et du jardin d’hiver.

Distances à la limite et infiltration

La limite de propriété. Le Code civil pose le principe, et l’art. 686 CC laisse aux cantons le soin de fixer les distances à observer pour les fouilles et les constructions. Une terrasse au sol en est souvent dispensée, un muret, une pergola ou un remblai non. La répartition entre le droit de voisinage du Code civil et le droit cantonal fait l’objet d’un article à part.

L’eau de pluie. La loi fédérale sur la protection des eaux, à son art. 7 al. 2, veut que les eaux non polluées soient infiltrées, selon les directives cantonales. Une terrasse en dalles jointoyées au mortier ou collées est une surface imperméable de plus. Sur une parcelle déjà très bâtie, elle peut se heurter à la part minimale de surface perméable du règlement communal, et elle entre dans le calcul de la taxe d’eaux pluviales là où la commune la prélève. Les mêmes règles valent pour les accès : voir le prix au m2 d’une place de parc et la perméabilité exigée.

Une dalle posée sur gravillon, joints ouverts, laisse passer une partie de l’eau. Une dalle collée sur une chape n’en laisse passer aucune. C’est un argument à peser avant de choisir la pose, pas après.

Les points où la terrasse rate

Le lit de pose trop épais. Le gravillon sous les dalles est une couche de réglage de quelques centimètres, pas une fondation. Un lit épais tasse de façon inégale, et les dalles fines se mettent à bouger, puis à casser.

Le grand format sur un support approximatif. Une dalle de grès cérame de 2 centimètres en 60 sur 120 ne supporte ni creux ni bosse. Sur gravillon, elle exige un réglage à la règle, dalle par dalle ; sur plots, une surface portante stable.

Les bordures sans fondation. Ce sont elles qui tiennent latéralement tout le dallage. Posées sur la terre ou sur du sable, elles s’écartent en quelques hivers, et la terrasse se disloque par les rives.

La pente oubliée ou inversée. Une terrasse plate garde des flaques qui gèlent. Une terrasse qui penche vers la maison conduit l’eau vers le seuil et le mur du sous-sol.

Le mauvais joint. À l’extérieur, un joint de carrelage d’intérieur fissure et se délite. Le devis nomme le produit de jointoiement, perméable ou non, et sa compatibilité avec la pose choisie.

Le remblai qui devient un mur. Sur un terrain en pente, la terrasse qu’on veut à niveau se retrouve portée par un remblai et un muret. Au-delà d’une certaine hauteur, ce n’est plus du jardinage : voyez à partir de quand un mur de soutènement demande un ingénieur.

La checklist avant de signer le devis

  1. Le service communal des constructions consulté par écrit, avec un croquis, la surface, la profondeur de fouille et la distance à la limite.
  2. La hauteur finie fixée par rapport au seuil de la porte-fenêtre, avant tout terrassement.
  3. L’épaisseur du coffre et le matériau de fondation inscrits au devis, avec le compactage.
  4. Le mode de pose nommé : gravillon, plots ou collage, et le produit de jointoiement.
  5. La pente et le point d’évacuation dessinés sur le plan, pas seulement mentionnés.
  6. La référence exacte de la dalle et sa résistance au gel, avec la marge de chutes comptée.
  7. Les bordures, l’évacuation des déblais et la TVA chiffrées en lignes séparées.
  8. Tout élément couvert, pergola, store fixe ou toiture, traité comme un projet à part, avec sa propre autorisation.

Où s’adresser en Suisse romande

Les entreprises. Les paysagistes et les carreleurs se partagent les terrasses. JardinSuisse, l’association des entreprises horticoles, tient son répertoire de membres par région ; ses sections romandes publient le leur : JardinSuisse-Vaud, Route du Lac 2, 1094 Paudex, 058 796 33 79 ; JardinSuisse-Genève, case postale 5278, 1211 Genève 11. Le secrétariat central est à Aarau, Bahnhofstrasse 94, 5000 Aarau, 044 388 53 00.

Les dalles et le matériau. Deux enseignes et un fabricant :

  • Gétaz-Miauton SA, Chemin du Vallon 23, 1030 Bussigny, matériaux et aménagement extérieur
  • Bringhen SA, Kantonsstrasse 32, 3930 Viège, Bringhen Group, matériaux et outillage
  • Creabeton Matériaux SA, Route de Villeneuve 11, 1523 Granges-près-Marnand, 026 668 95 98, fabricant de dalles et bordures en béton, vendues par les négociants

Adresses relevées le 28 septembre 2026 sur les sites des entreprises et des associations concernées. Elles sont publiées à titre de service et ne constituent pas une recommandation de la rédaction.

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